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Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}

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Neila Sanders



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MessageSujet: Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}   Sam 29 Mar - 19:57

Les affaires, les affaires, toujours les affaires. C'est le seul mot d'ordre du Bellagio. Tous les employés courent un peu partout pour faire ce qu'ils ont à faire, certains travaillent nuit et jour pour montrer qu'ils font bien leur boulot, de peur de se faire virer. Parfois jusqu'à épuisement. Eh oui, c'est ça la vie dans le plus riche hôtel de Las Vegas. Comme partout, l'inégalité règne. Pendant qu'une grande partie trime, l'autre vient seulement pour prendre du bon temps. Les clients vont et viennent à leur guise, faisant parfois des caprices pour obtenir quelque chose qui pourrait rendre leur séjour d'autant plus agréable. Et bien évidemment, tout le monde se hâte de faire comme ils veulent. C'est injuste, oui. Ils ont beau jouer autant qu'il le veulent et perdre des millions, ils en ont encore bien assez pour se payer leur suite. Ceux qui travaillent pour eux n'ont pas une seconde à eux, et ils n'ont pas de quoi se payer un seul verre à l'hôtel. Je ne parle pas des employés les plus "élevés" bien sûr. Étant l'assistante du Patron, j'ai moi-même de quoi me payer ce que je veux, je ne me plains donc pas. Et ne vous faites pas d'illusions, je ne plains pas non plus ceux qui sont en bas de la pyramide. Je me ris de leur situation. Ils sont misérables, et s'ils avaient un tant soit peu envie de se sortir de leur situation précaire, ils s'en donneraient les moyens. C'est ce que je fais lorsque j'ai un problème, et il est immédiatement résolu. Non, je n'ai pas de pitié pour tous ces gens, au contraire. Si c'était le cas, je ne serais pas devenue un démon si puissant. J'ai encore du chemin à faire pour arriver ne serait-ce qu'à la cheville de mon paternel, mais je mets toutes les chances de mon côté pour que ce soit le cas. Je ne dis pas que ce n'est pas difficile, même pour moi, mais je pense être sur la bonne voie.

Aujourd'hui, je me suis réveillée à l'aube pour le travail. Il faut pouvoir garder le contrôle de tout l'hôtel et ce n'est pas une tâche facile. C'est pourquoi il faut le faire dès le matin. Heureusement pour moi, j'ai besoin de très peu d'heures de sommeil. J'arrive à la réception, vêtue d'une longue jupe noire de tailleur et d'une chemise blanche assez moulante et ouverte en haut. Je suis classe, mais je reste provocante. Et puis ça ne dérange pas les clients, peut-être à part leurs femmes. Enfin, ce n'est pas mon problème. Les cheveux détachés et légèrement ondulant cette fois-ci, je m'avance dans le hall en faisant claquer mes talons aiguilles. A ce son, les réceptionnistes savent qu'ils ne doivent pas faire un seul faux pas. Tous se demandent comment je peux être déjà aussi éveillée et observatrice à une heure si matinale. Les premiers jours, certains se sont laissés avoir. Ils pensaient que, si tôt dans la matinée, je ne remarquerais pas des petits détails qu'ils feraient mieux d'éviter. Mais c'est sans compter ma nature de démon.

Arrivée à la réception, je parle un moment avec l'un des employés qui me remet rapidement un carnet noir avec les noms des nouveaux clients arrivés pendant la nuit. Dans les dernières pages, les plus grands flambeurs de la semaine. Sans un sourire, je jette un coup d'oeil pour voir si tout est correct, salue les réceptionnistes et prends le carnet avec moi. Un coup d'oeil sur ma montre. Il faut que j'aille voir mon père, au dernier étage. Il a demandé à me voir et il n'aime pas beaucoup les retard. Heureusement pour moi, j'ai encore du temps devant moi et les ascenseurs sont rapides. Inutile d'attirer l'attention sur moi en disparaissant et réapparaissant au dernier étage. Ce serait suspect. Surtout que les chasseurs attendent le moindre surnaturel pour agir. Et autant dire que je ne veux pas leur accorder ce plaisir.

D'un pas souple et rapide, j'arrive devant les deux ascenseurs de l'hôtel. Une pression sur le bouton et il n'y a plus qu'à attendre que l'un d'eux redescende au rez-de-chaussez. Il ne devrait pas faire long, à cette heure, il n'y a presque personne et donc, personne dans les ascenseurs non plus. Un léger son de clochette retentit, m'indiquant que l'un d'eux est arrivé à bon port. Une fois dedans, je presse le bouton du dernier étage et attends patiemment que les portes se referment avec douceur, comme d'habitude. De plus, comme prévu, il n'y a personne dans la cabine spacieuse, dotée d'un miroir et de barres auxquelles on peut se tenir si l'on ne supporte pas l'ascension. Mes yeux se posent alors sur le très faible espace entre les deux portes qui se sont stoppées dans leur fermeture par une main tout à fait masculine. C'est un sourcil levé par la surprise que j'attends de voir qui est cet inconscient qui compte monter avec moi.
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Nathanael Cohen
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MessageSujet: Re: Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}   Sam 29 Mar - 20:47

    - Cohen … Pardon ? … Bien, j’arrive.

    Et il referma son téléphone cellulaire. Quelle stupide invention d’ailleurs ! Nathanael était pourtant né avec toute cette technologie mais il ne s’y faisait jamais vraiment, principalement parce qu’il avait fini par comprendre qu’elle ne facilitait pas l’existence mais qu’elle la précipitait dans quelque chose d’obscur et de désagréable. Il prenait souvent pour preuve le fait que ces « progrès » ne puissent jamais le sauver. Pour en revenir aux téléphones portables, il trouvait cela inutile, encombrant et profondément énervant car il n’aimait pas pouvoir être « appelé » par n’importe qui quand cela semblait bon à la personne en question. Autant le siffler, en réalité, et c’était précisément ce qu’il n’appréciait pas. Ce n’était pas un larbin qu’on faisait demander n’importe où et n’importe quand, et c’était pourtant cela qu’être au service d’Isaac Sanders. A la différence qu’il avait la chance d’être quasiment en haut de l’échelle et d’ainsi ne pas avoir à répondre aux appels de plusieurs dizaines de personnes. Pour sa part, Nathanael ne demandait que très peu de choses à ceux qui étaient en quelques sortes sous ses ordres, et c’était souvent ce qu’il ne pouvait pas faire lui-même. Donc très peu.

    Il était donc parti pour débarquer au Bellagio dans les dix minutes qui suivaient et au dernier étage pour voir Isaac dans les quinze suivantes. En somme, il n’avait pas de temps à perdre, et il ne comptait pas en perdre. Il finit son café, glissa sa tasse sur la table, et enfila sa veste. Nathanael y glissa son téléphone, un briquet – bien qu’il ne fume pas d’ailleurs – et prit ses clefs. Il laissa échapper un profond soupir en refermant sa porte à la hâte, et il descendit les quelques escaliers menant à la rue. Il se rendit jusqu’à sa voiture, une Audi rouge visiblement en excellent état et presque neuf mais qui ne plaisait absolument pas au démon. Il était si difficile de toute façon. Elle avait exactement tout ce qu’une voiture devait avoir pour plaire à un homme, à commencer par une allure sportive et endurante, mais rien n’y faisait, voiture de luxe ou non, Nathanael se moquait d’avoir cet argent, et aurait pu rouler dans une vieille 2CV sans complexe. Ou une 4L. Peu importe, il se glissa à l’intérieur, et ne prit pas la peine de s’installer confortablement. Moins il passait de temps dans cette voiture, mieux il se portait. Il mit le contact, et partit.

    Il lui fallut quasiment dix minutes pour arriver au Bellagio, mais son humeur était toujours aussi détendue et sereine. Il ne voulait pas concéder à l’impatience une partie de son humeur, surtout pas aujourd’hui. Il irait voir Isaac, se chargerait de ce qui lui était demandé, et il repartirait aussitôt s’occuper de ses affaires, à savoir se rendre à l’hôpital pour recevoir son injection et faire de nouvelles prises de sang. Inutilité, mais il voulait vraiment conserver sa dernière année de vie, et il gardait ce vain espoir qu’un donneur paraisse un jour, mais les organes ne tombaient pas du ciel, et il était loin d’être prioritaire quoi qu’il arrive. Il se rendit dans le hall du Bellagio et il vit les employés particulièrement tendus, or, il ne faisait que très rarement cet effet. On le savait même particulièrement laxiste. Alors quoi ? Nathanael haussa un sourcil mais n’osa aller demander à l’un deux ce qui pouvait bien provoquer cette folle tension incompréhensible. Son regard se posa sur l’un des ascenseurs dont les portes se refermaient tout juste. Il s’élança avec promptitude dans cette direction, et d’un petit tour de « passe-passe » il fit jouer la technologie à son avantage. Il eut ainsi le temps de glisser sa main entre les portes pour en retenir la fermeture.

    Lorsque les portes se rouvrir, Nathanael ne pût réprimer un sourcil de satisfaction. Premièrement, il venait de comprendre le climat de tension régnant dans le hall, et ensuite, il venait de trouver exactement la personne qu’il daignait voir aujourd’hui, comme tous les jours. Il ne s’était pas défait de son « objectif » mais il laissait au temps le temps de faire son temps. Il ne pénétra même pas dans l’ascenseur sur le moment et se contenta de la détailler avec une lueur malicieuse dans le regard, signe que le jeu reprenait. Il ne se terminait jamais, mais chaque fois qu’ils se quittaient, il fallait admettre qu’il y avait un « break » auquel ils mettaient fin dès qu’ils se revoyaient. En somme, c’était reparti. Il prit donc le temps de la détailler avant d’entrer à l’intérieur, venant se positionner à la droite de Neila, un sourire perpétuellement accroché aux lèvres. Il ne voulut rien dire, et il ne dit rien. Il se contenta de fixer les portes se refermant, avec cette intense sensation qu’il allait se passer quelque chose d’essentiel, qui dépendait autant de lui que d’elle. Cependant, chaque fois qu’ils se voyaient, il se passait quelque chose d’en partie essentielle. Il n’attendait plus que de savoir « quoi ».


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MessageSujet: Re: Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}   Sam 29 Mar - 21:47

Les portes s'ouvrent à nouveau lentement, trop lentement. Enfin je peux apercevoir qui me fait perdre mon temps. Ah ! Nathanael, évidemment. Qui d'autre ? Le démon n'entre pas tout de suite. En me voyant, il fait durer le "plaisir" des retrouvailles en se contenant de m'observer avec malice. Croisant les bras, je le regarde d'un air impatient, lui montrant bien qu'il ferait mieux de se décider, ce qu'il fait. Une fois dans l'ascenseur, les portes se referment et la cabine prend son habituelle ascension dans les étages. Je ne sais pas si je suis contente de le voir. Pour être franche, je ne m'attendais pas à sa présence ici, ce matin, dans cet ascenseur et c'est le genre de surprises qui peut me mettre de mauvaise humeur. Quoiqu'il n'a pas l'air disposé à ouvrir les hostilités. Il se contente de se tenir debout, droit, à ma droite. Peut-être n'a t-il pas envie de jouer aujourd'hui, bien que son air de tout à l'heure était tout à fait éloquent quant à ses intentions. Alors c'est qu'il veut que je débute la partie. et après tout pourquoi pas ? Pour une fois, peut-être qu'au lieu de me mettre à cran, ce petit jeu me détendra. Cela faisait quelques jours à peine que j'avais vu Nathanael près du lac, et depuis ce moment-là, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour y repenser. Mais à présent, les images me reviennent à l'esprit, faisant naître un mince sourire sur mes lèvres colorées d'un rouge sang. Je ne prends pas la peine de le regarder. Je n'ai pas besoin de contact visuel pour connaître son humeur ou ses intentions. Tout aussi bien éveillé que moi, même à une heure aussi matinale, je sais qu'il attend un geste de ma part.

L'ascenseur monte lentement, il ne me semblait pas qu'il était aussi lent. Et le Bellagio contient un grand nombre d'étages, ça risque de prendre du temps. Un nouveau coup d'oeil sur ma montre. J'ai encore du temps pour être au rendez-vous. Mais lui, que fait-il ici ? Moi qui croyais qu'il ne venait jamais à l'hôtel, surtout pas pour travailler. Alors pourquoi venir ici à une heure pareille ? Moi j'ai une raison de monter au dernier étage, mais lui ? Doit-il aussi aller voir mon père ? Dans ce cas, c'est qu'il n'a pas des directives à donner que pour le bon fonctionnement de l'hôtel, il a dû trouver quelque chose ou alors il a besoin de ses deux meilleurs démons pour quelque chose d'important. Ça m'embête un peu de me dire que j'aurai peut-être quelque chose à faire en commun avec Nathanael. Jusque là, on a toujours travaillé ensemble, mais en gardant nos distances en ne se voyant que très rarement. S'il s'agit de ce que je pense, on risque d'être amenés à se voir plus souvent.

Mes yeux restent fixés sur les chiffres qui s'illuminent au fur et à mesure que l'ascenseur s'élève. Décidément, j'ai toujours cette impression qu'il va plus lentement que d'habitude. Tant qu'à faire alors, autant passer le temps. Sans même prendre la peine de le regarder, je demande d'une voix pleine de sous-entendus :

- Le paresseux est bien matinal aujourd'hui. Aurait-il passé la nuit à faire visiter les lieux à une cliente ?

Je ne suis pas sans savoir que ce cher Nathanael raffole des clientes de passage. Passer une nuit ou deux avec elles ne le dérange absolument pas et il ne se gêne pas de me le faire savoir quand il le peut. Et bien évidemment, j'aime mettre en évidence le fait qu'il préfère passer du bon temps que de s'occuper de l'hôtel. Bien sûr, ces remarques ne lui font absolument rien, sinon il les aurait sûrement déjà prises en considération et aurait commencé à montrer un peu plus de zèle par rapport à son travail. Enfin, moi ce que j'en dis...Malheureusement, je n'ai pas mon mot à dire. J'ai de l'autorité sur tous les démons, mais en ce qui concerne Nathanael, c'est mon père qui a le dernier mot, toujours. Et ce n'est un secret pour personne, je lui ai souvent fait part de mes idées par rapport au démon. Et comme ça n'a jamais abouti, il en profite pour me narguer d'autant plus et j'avoue que ça me met les nerfs. Qu'il parvienne à s'en sortir sans cesse de cette manière m'exaspère. Mais depuis le temps, je fais avec. Tout est question d'habitude après tout. Et puis je peux toujours passer mon énervement sur lui, donc il y a quelques avantages.
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MessageSujet: Re: Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}   Sam 29 Mar - 22:41

    - Je n’ai pas bien saisi en quoi c’était ton problème ?

    Nathanael 1 – Neila 0. C’était reparti, et dans le feu de l’action s’il était possible. Il était pourtant d’une humeur clémente aujourd’hui mais il n’y avait pas d’humeur pour sa répartie assassine et il ne comptait pas la laisser oublier cet infime détail qui faisait que malgré son manque certain de zèle, il était, en effet, un démon et que la mesquinerie même la plus basse était parfaitement une carte de son jeu. C’était un coup bas, très bas, surtout qu’il ne se privait, en effet, que très rarement de lui « suggérer » ses possibles ébats aux quatre coins de l’hôtel, quoi qu’elle n’en ait jamais le récit non plus. C’est une nouvelle façon de la provoquer, en lui remettant sur le tapis son manque d’implication, préférant succomber et faire succomber quelques nouvelles femmes au plus beau et fameux péché qui soit. Cela ne la regardait pas, mais il aimait y faire de temps en temps allusion. En plus, pour une fois, elle était absolument dans le faux, il n’était avec personne. Etonnant pour elle, peut être, normal pour lui en revanche qui aurait voulu soupirer rien qu’au souvenir.

    Nathanael avait passé sa soirée au bout d’un téléphone – encore ! Il avait dû s’entretenir avec son médecin au sujet de son fois, encore une fois, et la conversation s’était alors éternisé. Tout cela pour lui apprendre qu’il pourrait passer de douze à quatorze mois d’espérance de vie, ce qui l’avait laissé fondamentalement de glace. Il n’avait pas vraiment voulu aborder le sujet, mais il n’avait pas non plus pu faire autrement. Son médecin n’était pas vraiment un ami, mais une sorte de confident à qui il ne disait rien mais qui savait parfaitement tout de lui, car rien que basée sur sa maladie. Il avait ensuite passé le reste de sa soirée à ruminer le fait qu’il n’ait jamais vraiment vécu pour autre chose que pour cette fameuse désintégration de son organe, et que même si cela l’avait toujours poussé, il avait fini par ne plus ressembler à ce qu’il veuille être. « Vivre pour mourir de cette façon » ne lui avait pas sembler, hier au soir, comme une bonne chose. Cependant, ce matin même, tout était oublié ou plutôt remis à plus tard, et il chassa donc ces pensées désagréablement omniprésentes de son esprit.

    Et voilà comment on pouvait facilement jeter un froid. Nathanael savait qu’il n’obtiendrait pas le silence de la part de Neila et c’était exactement ce qu’il voulait. Le temps défilait lentement mais cela ne lui était pas spécialement désagréable. Il était même plutôt bien puisqu’il avait temporairement le dessus sur elle, et que cela lui apportait une sorte de pointe jouissive qui ne voulait plus le quitter. Il en fallait peu pour le contenter, et c’était une des qualités qu’il aimait s’attribuer aussi relative soit-elle, évidemment. Il laissait le temps lui échapper sans oser dire quoi que ce soit de plus. Il appréciait toujours autant le silence et la sérénité, et il n’avait aucunement envie de brusquer leur petit jeu commun. Après tout, pour le moment, il l’avait incité à la provoquer, et elle l’avait fait. Maintenant qu’il lui avait répondu, il n’attendait plus qu’elle reprenne les « choses » en main. Ensuite, il penserait à abattre son propre jeu. Mais pas trop tôt.

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MessageSujet: Re: Entrevue au dernier étage...ou pas {PV Nathanael}   Sam 29 Mar - 23:28

- Dès que ça touche aux clients de cet hôtel ça devient mon problème.

Eh bien, il a beau avoir l'air parfaitement calme et serein ce matin, ses remarques ne manquent pas de piquant je dois dire. Et pourtant, il n'a encore ouvert la bouche qu'une fois. Mais comme d'habitude, je ne tiens pas à laisser la balle dans son camps. On pourrait très bien voir nos petites conversations comme un match de tennis. Si quelqu'un y assistait, son regard irait de l'un à l'autre sans arrêt, car aucun n'est prêt à abandonner la partie. Mais c'est toujours quelque chose d'absolument distrayant. Il ne faut pas baisser les yeux une seconde au risque de se faire envoyer la balle dans la figure, et ce genre de sport me plaît beaucoup. J'aime pouvoir tester ma répartie et la sienne, bien évidemment. Depuis le temps qu'on se connaît, je dois dire que l'on s'est bien améliorés. Rien qu'en quelques jours, je trouve que nos discussions ne manquent pas de vivacité. Et là encore, l'ironie et le sarcasme sont de mise. Avec, quelques fois, une pointe de cynisme pour relever le tout. C'est un véritable délice, mais malgré tout le plaisir que j'ai à répliquer, il arrive à m'énerver. Heureusement, je parviens facilement à reprendre le contrôle. De la conversation et de moi-même.

Bien évidemment, il a esquivé la question. Serait-ce parce que c'est vrai ou qu'il veut me le faire croire ? Peu importe, je n'insisterai pas là-dessus, après tout ça ne m'intéresse que moyennement. C'était histoire de le provoquer et ça réussi. La réponse ne s'est pas fait attendre longtemps. Cependant, je suis loin, très loin de me douter de ce à quoi il a passé sa soirée. Rien dans son attitude ne pourrait me faire penser qu'il est un tant soit peu malade. Il est toujours aussi droit, sûr de lui. Il n'a en rien perdu de sa force de corps et d'esprit. Alors comment pourrais-je me douter une seule seconde qu'il a une grave maladie ? C'est une chose qui ne me traverse même pas l'esprit, étant donné que moi-même ai une santé de fer depuis toujours. Eh oui, il y en a qui ont de la chance. C'est injuste, je sais. Mais ce n'est pas une surprise si je vous dis que la vie est injuste. Et d'ailleurs, je ne vois pas pourquoi la mort le serait, ni la façon de mourir.
Toujours parfaitement droite face aux portes de l'ascenseur, j'ajoute d'une même voix :

- Et je ne pense pas avoir besoin de te rappeler que je m'occupe de tout ce qui concerne le Bellagio, moi. Et pas seulement de mon plaisir personnel.

C'est une remarque assez paradoxale étant donné que je m'occupe des clients et de l'hôtel pour servir mes propres bénéfices. Mais je ne le fais pas que pour moi, je le fais pour tous les démons qui sont à la recherche de cette porte et pour tous ceux qui rêvent de s'évader des enfers. Bien qu'il ne me regarde pas non plus, j'affiche un sourire entendu et éloquent. Soudain, l'ascenseur s'arrête au quart de sa course. Étonnée, j'observe les portes s'ouvrir sur l'une des employées de l'hôtel. Une femme de chambre qui vient de finir son service à son étage. En voyant, et le bras droit du Patron, et son assistante, l'employée devient aussi blanche que les draps qu'elle transporte et marmonne quelque chose d'inaudible qui ressemble à un "je prendrai l'autre ascenseur". Et les portes se referment doucement pour nous laisser nous élever plus haut dans les étages. Mon sourire ne m'a pas quitté. Aussi bête que ça en a l'air, j'adore faire cet effet-là aux employés. Ils sont tous terrorisés à ma vue, ça me permet d'avoir assez d'autorité pour tous les gérer et ça les oblige à travailler plus dur pour ne pas recevoir mes foudres. Et j'imagine que le fait qu'il y ait les deux principaux assistants du Patron dans l'ascenseur aurait fait renoncé n'importe qui à le prendre.
Inconsciemment, ou consciemment, je ne sais pas vraiment, j'attends que Nathanael réponde. Après tout, c'est "son tour".
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